Audiovisuel français en danger : les professionnels sonnent l’alarme sur les politiques gouvernementales

L’alliance entre professionnels du secteur audiovisuel et du cinéma s’est exprimée avec force jeudi 28 septembre. Baisse du financement de France Télévisions, hausse de la TVA de Canal+, cadeau fiscal à YouTube, projet de plafonnement des taxes sur les éditeurs et distributeurs affectées au CNC : voilà l’énumération dressée par les signataires du communiqué du BLOC (qui regroupe l’ARP, la Guilde française des scénaristes et autres organisations professionnelles).

Le message est sans détours. Le gouvernement fait le choix politique d’affaiblir ceux qui financent le cinéma et l’audiovisuel français et de ménager ceux qui en profitent sans y contribuer équitablement. Les producteurs et créateurs français pointent du doigt un déséquilibre flagrant : d’un côté, les entreprises nationales structurantes de l’audiovisuel français essuient des réductions budgétaires successives ; de l’autre, les plateformes numériques internationales bénéficient de traitements fiscaux avantageux.

Une frilosité budgétaire à répétition

Les chiffres témoignent d’une tendance inquiétante pour le secteur. Les crédits de l’audiovisuel public s’élèvent à 3,878 milliards d’euros, en baisse de 71 millions d’euros, après avoir déjà diminué de 78 millions d’euros l’an dernier. France Télévisions est particulièrement frappée : la baisse est de 65,3 millions d’euros pour France Télévisions (- 2,6 %) ; de 4,1 millions d’euros pour Radio France (- 0,6 %) ; et de 1,5 million d’euros pour l’Institut national de l’audiovisuel (INA) (- 1,4 %).

Ces coupes interviennent dans un contexte déjà critique. Cette coupe budgétaire intervient pour la troisième année consécutive pour atteindre 3,878 milliards d’euros (-1,79 %), contrevenant à la trajectoire inscrite dans les contrats d’objectifs et de moyens (COM) de 2023 qui aurait dû conduire la dotation des sociétés publiques à 4,175 milliards en 2026. Le secteur dépérît silencieusement alors que la transition numérique exige des investissements massifs, pas des compressions.

Une souveraineté culturelle en péril

Au-delà des chiffres, c’est une question de principe qui anime les producteurs. C’est notre souveraineté culturelle qui est en péril. Face aux géants du streaming qui dominent le marché sans contribuer équitablement aux fonds de soutien à la création française, la France affaiblit ses propres outils publics.

La question demeure en suspens : quelle sera la réaction du gouvernement ? Les producteurs et créateurs français attendent une inflexion politique rapide, avant que le mal ne s’aggrave davantage.