Pour la première fois depuis plusieurs mois de bras de fer budgétaire, un espoir surgit pour l’audiovisuel français. Les commissions de l’Assemblée nationale ont adopté plusieurs amendements au projet de loi de finances pour 2027 visant à effacer la baisse des crédits de l’audiovisuel public, en particulier celle de France Télévisions. Une victoire inattendue pour un secteur qui semblait condamné à une contraction inexorable.
Le projet initial était brutal. Le PLF 2027 prévoit 3,817 milliards d’euros pour les six sociétés de l’audiovisuel public, contre 3,848 milliards en loi de finances initiale pour 2026. France Télévisions recevrait 2,379 milliards d’euros, en recul de 46,9 millions d’euros par rapport à 2026. Cette diminution serait venue s’ajouter à des tensions déjà massives sur le groupe public.
Un redressement en commission
Mais le travail parlementaire aura porté ses fruits. L’amendement II-CF541 du rapporteur spécial Denis Masséglia rétablit les crédits au niveau de 2026 : +43,8 millions pour France Télévisions, +2,4 millions pour Radio France et +0,5 million pour l’INA. Une restauration qui redonne un peu d’air aux trois piliers de l’audiovisuel public français, même si les défis structurels demeurent.
Le timing de ce vote n’est pas anodin. France Télévisions traverse une période de turbulences sans précédent, avec des plans d’économies successifs qui menacent la création originale et l’emploi. France Télévisions prévoit 140 millions d’euros d’économies en 2026, reposant notamment sur une nouvelle baisse des effectifs, la vente d’actifs immobiliers, la cession à TF1 de neuf matchs du Tournoi des Six Nations, une réduction de 5% des dépenses de divertissement et une baisse des financements à la création audiovisuelle. Cet amendement ne supprime pas ces enjeux, mais il crée un espace de respiration.
Rien n’est définitif au Sénat
Pour autant, ces votes de commission ne préjugent pas du texte final. Selon le calendrier de l’Assemblée, la mission « Médias, livre et industries culturelles » et le compte « Avances à l’audiovisuel public » seront examinés en séance le mardi 3 novembre. Le chemin vers l’adoption reste semé d’embûches, notamment au Sénat où les rapports de force pourraient différer.
Au Sénat, la commission des finances examine demain, 27 octobre, le rapport d’Alain Marc. Cette étape sera décisive pour confirmer ou infirmer cette dynamique favorable au secteur public.
Malgré cette embellie parlementaire, les questions structurelles persisteront : comment l’audiovisuel public français peut-il innover et créer dans un contexte de restriction budgétaire ? Comment préserver l’excellence de ses productions face à une concurrence numérique féroce ? Ces votes offrent une pause, mais pas une solution définitive aux défis qui secouent France Télévisions, Radio France et leurs équipes depuis des mois.