Maïtena Biraben rejoint France Inter : l’été des bouleversements dans les ondes

Médias et Audiovisuel

Le petit écran et les ondes se réveillent. La rentrée audiovisuelle 2026 s’annonce mouvementée, avec une succession de transferts qui redessinent le visage de la radio et de la télévision françaises. Au cœur de cette agitation, un coup particulièrement remarqué : l’arrivée confirmée cette semaine de Maïtena Biraben sur France Inter, héritière de la postérité radiophonique laissée vacant par Nagui.

La ronde des animateurs n’est qu’un reflet des mutations plus profondes du secteur audiovisuel. Chez les concurrents privés, les mouvements se multiplient. Sonia Mabrouk, qui a quitté le giron Bolloré en février 2026, débarque sur BFMTV pour « commander un grand rendez-vous politique » au moment où l’élection présidentielle de 2027 se profile à l’horizon. Un changement qui illustre le poids électoral des années à venir : les chaînes d’information peaufinent leurs équipes avant la campagne.

Europe 1, le bastion historique des matinales, se reconstruit lui aussi. Le départ de Thomas Isle, qui animait « Culture Médias », marque une inflexion stratégique. Selon le Parisien, la chaîne compte désormais codiffuser « L’heure des pros » de Pascal Praud avec CNews dès 9 heures, en remplacement de sa programmation précédente. Un repositionnement classique du débat politique vers un partenariat avec l’univers Bolloré.

À Radio Télévision, c’est aussi sur France Inter que se nouent les intrigues. Thomas Porcher, économiste et chroniqueur des Économistes atterrés, intègre la nouvelle formation de Nova Le Matin à la rentrée. Titulaire d’une chronique quatre fois hebdomadaire, il proposera une « déconstruction des discours dominants sur l’économie » : une signature nouvelle pour la station musicale du groupe public.

Les chaînes de divertissement ne demeurent pas inertes. Laurence Boccolini poursuit son ascension télé avec « On Connaît La Chanson » sur W9 en prime time depuis mai 2026, avant de devenir chroniqueuse du spectacle de Cyril Hanouna à la rentrée. Benjamin Castaldi y côtoiera les nouveaux venus de l’équipe « Tout beau tout neuf ». Ces circulations de talents entre les plateformes indiquent une convergence progressive des formats : le divertissement musical qui monte en gamme sur les catégories ouvertes.

Chez France 5, le dossier se complique. Anne-Elisabeth Lemoine, à la tête de « C à vous » depuis neuf ans, subit des pressions de Mediawan, productrice de l’émission. Courtisée pour reprendre « Télématin » sur France 2 (un projet qu’elle a refusé), elle pourrait céder sa place. Mohamed Bouhafsi, qui préside déjà le plateau les vendredis et samedis, Aurélie Casse ou Caroline Roux circulent parmi les noms évoqués pour la succession.

Du côté des magazines, Salhia Brakhlia retrouvera « Quotidien » de Yann Barthès après six ans de pause. Elle couvrira « les grands événements qui rythmeront l’actualité », dont l’élection présidentielle que Media part envisage avec ironie dans sa communication.

Ces mouvements en cascade ne sont jamais anodins. Ils cristallisent les arbitrages stratégiques de groupes déjà fragilisés. Les chaînes publiques, soumises à des compressions budgétaires récurrentes, sculptent leurs équipes autour de rendez-vous d’audience jugés critiques. Les diffuseurs privés consolident leurs pôles politiques et d’information, conscients que l’année électorale 2026-2027 promet des audiences compensatrices. Et les stations de radio se repositionnent, cherchant à capter des auditeurs qui fuient vers les podcasts et le streaming.

La rentrée audiovisuelle 2026 sera, en somme, celle des ajustements fins avant la tempête électorale. Chaque animateur, chaque chaîne, trace ainsi un chemin parmi les turbulences.