Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, les commissions de l’Assemblée nationale ont adopté, entre le 20 et le 22 octobre, plusieurs amendements destinés à renforcer les moyens de l’audiovisuel public. Cette mobilisation parlementaire dessine un portrait contrasté des enjeux qui attendent le secteur : face aux restrictions budgétaires répétées, des élus tentent de préserver les capacités d’investissement des principales institutions médiatiques du pays.
L’un des amendements majeurs propose d’abonder de 46,8 millions d’euros les crédits de trois entreprises de l’audiovisuel public : 43,827 millions pour France Télévisions, 2,434 millions pour Radio France et 537 826 euros pour l’INA. Cette somme substantielle reflète une inquiétude croissante au sein de l’Assemblée concernant la trajectoire financière des opérateurs publics français.
Dans son exposé des motifs, le député alerte sur la dégradation de la situation financière de France Télévisions et les conséquences des économies demandées au groupe, pointant notamment les risques pesant sur les investissements dans la création audiovisuelle et cinématographique, particulièrement dans l’animation et le documentaire. Ces préoccupations sont loin d’être abstraites : les coupes répétées érodent progressivement la capacité du groupe à produire des contenus de qualité et à soutenir les talents créatifs français.
Au-delà du volet financier brut, la situation des opérateurs internationaux retient également l’attention. Un amendement entend préserver les missions internationales de France Médias Monde, le député soulignant la dégradation de sa situation financière malgré les économies engagées et pointant une sous-compensation de 5 millions d’euros des conséquences fiscales de la suppression de la redevance audiovisuelle. Cette question rappelle les enjeux structurels qui dépassent les simples arbitrages comptables : la disparition progressive de la redevance audiovisuelle, votée dans le contexte politique de 2023, continue de produire des effets en cascade sur l’ensemble du système.
Un amendement prévoit également 2 millions d’euros supplémentaires pour TV5 Monde. Cette mention indique que les inquiétudes s’étendent à l’ensemble de l’écosystème de l’audiovisuel public français, dont l’ambition reste de rayonner à l’échelle internationale.
Ces initiatives parlementaires témoignent d’une volonté de desserrer progressivement l’étau budgétaire qui pèse sur le secteur depuis plusieurs années. Reste à savoir si ces amendements survivront aux phases ultérieures du débat législatif, ou s’ils constitueront simplement une tentative isolée de préserver des investissements que d’autres forces politiques jugeraient superflus. L’enjeu dépasse largement les chiffres : il concerne la place de l’audiovisuel public dans l’architecture médiatique française et sa capacité à offrir une alternative aux logiques purement commerciales.