Impartialité de l’audiovisuel public : Lasserre lance ses réformes en septembre 2026

Audiovisuel

C’est un signal fort : l’autorité de régulation met en place dès ce mois-ci les premières mesures du rapport Lasserre consacré à l’impartialité de l’audiovisuel public. Un pas que l’industrie attendait depuis plusieurs mois, tant les débats sur l’équité éditoriale des chaînes publiques se sont intensifiés ces derniers trimestres.

Le rapport Lasserre, commandé par les autorités pour évaluer la qualité du pluralisme dans l’audiovisuel public, a mis au jour des dysfonctionnements dans la manière dont les différentes orientations politiques et sociales sont représentées à l’écran. Les critiques n’ont cessé de pleuvoir de tous les bords, révélant un sentiment généralisé que le service public peine à incarner sa mission fondamentale : assurer l’équilibre et l’impartialité dans le traitement de l’information et de la création.

Des réformes sans attendre

Plutôt que de traîner, l’Arcom enclenche la marche sans délai. Cette volonté d’application immédiate traduit l’urgence perçue au plus haut niveau : la crédibilité de France Télévisions, France Médias Monde et Radio France dépend directement de la rapidité avec laquelle ces recommandations se concrétisent. Chaque semaine sans changement visible alimente le doute chez les téléspectateurs et auditeurs.

Le contexte budgétaire joue également. Les crédits de l’audiovisuel public s’élèvent à 3,878 milliards d’euros, en baisse de 71 millions d’euros, après avoir déjà diminué de 78 millions d’euros l’an dernier. Cette baisse est de 65,3 millions d’euros pour France Télévisions (- 2,6 %), de 4,1 millions d’euros pour Radio France (- 0,6 %), et de 1,5 million d’euros pour l’Institut national de l’audiovisuel (- 1,4 %). Moins de moyens et une confiance ébranlée : le défi est de taille. Restaurer l’impartialité sans disposer de ressources accrues demande de la créativité organisationnelle.

Un test majeur pour le public

Les mesures de septembre constitueront un test révélateur. Les citoyens français scruteront les grilles de programmation, les angles éditoriaux, la représentation des différents courants de pensée. Les réseaux sociaux amplifieront chaque débat. Le rapport Lasserre offrait une base technique et argumentée, mais l’exécution déterminera si cette démarche change vraiment la perception du service public audiovisuel ou ne reste qu’une cosmétique administrative.

Pour le secteur de l’audiovisuel, ce qui se joue ici dépasse le simple respect d’une directive : c’est la légitimité même du modèle public français qui se redessine en temps réel.