TF1 et M6 relancent le serpent de mer : fusion en vue avec un nouveau scénario

Audiovisuel et Médias

Le secteur audiovisuel français se trouve de nouveau en effervescence. Selon Le Parisien, des réunions confidentielles ont lieu entre M6 et TF1, en vue d’un rachat du premier par le second, alors que les groupes avaient annoncé en septembre 2022 abandonner ce projet de fusion. Une nouvelle tentative qui ravive un dossier jugé mort depuis quatre ans.

La Bourse a réagi immédiatement à cette information. L’action M6 grimpe lundi de 8,36% à 12,44 euros et le titre TF1 de 1,84%. Financièrement, le prix par action M6 aurait été fixé à 20 euros, équivalent à une valorisation de 2,5 milliards d’euros.

Une asymétrie de fortune entre les deux géants

Les motivations demeurent essentiellement les mêmes que lors de la première tentative. TF1 affiche des résultats en berne face à un M6 dit « très rentable ». En avril, TF1 fait état d’une baisse plus marquée que prévu de son chiffre d’affaires au premier trimestre, pénalisé par la faiblesse persistante de la publicité, tandis que M6 a dit anticiper de fortes audiences à l’occasion de la diffusion de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, ainsi que des recettes publicitaires en hausse.

Une architecture inédite pour contourner la régulation

L’élément décisif concerne le schéma envisagé pour surmonter les obstacles réglementaires qui ont bloqué la première tentative. La méthode diffèrerait par rapport à la précédente tentative de fusion échouée, avec cette fois-ci un découpage du groupe M6 entre TF1 et CMA-CGM, le groupe porte-containeurs français et propriétaire de BFMTV détenant déjà 10,27% de M6.

Cette approche novatrice visait à résoudre un problème majeur qui avait coulé le projet en 2022. À l’époque, l’Autorité de la Concurrence avait indiqué que seuls des remèdes structurels concernant a minima la cession de la chaîne TF1 ou de la chaîne M6 seraient de nature à permettre l’autorisation de l’opération.

En dispersant les actifs de M6 entre deux partenaires distincts, les négociateurs espèrent obtenir un feu vert réglementaire cette fois-ci. Cette stratégie reflète une volonté affichée des deux groupes de trouver une issue à un mariage longtemps attendu par le secteur, mais constamment contrarié par les autorités.