TNT : six chaînes remises en jeu, la grande redistribution des fréquences s’amorce

Médias

La télévision gratuite française s’apprête à connaître une remise en jeu historique. L’Arcom a lancé, le 8 octobre 2026, un appel aux candidatures pour l’édition de services à vocation nationale diffusés sur la télévision numérique terrestre (TNT) en haute définition. Une procédure qui intervient à moins d’un an de l’expiration des fréquences concernées.

L’appel concerne les six chaînes gratuites dont les autorisations arrivent à échéance en décembre 2027 : 6Ter, L’Équipe, RMC Découverte, RMC Life, RMC Story et TF1 Séries Films. Ces trois dernières appartiennent au groupe CMA CGM, qui détient également RMC BFM, tandis que les autres relèvent respectivement de M6, Amaury et TF1.

Le régulateur a mis en place un calendrier serré pour cette procédure dématérialisée. Les candidats devront adresser une demande au plus tard le 1er décembre 2026 à midi avant de transmettre l’intégralité de leur dossier avant le 15 décembre 2026 à midi. Les auditions sont envisagées en mars 2027 et une décision est attendue avant l’été.

Si les chaînes sortantes devraient présenter de nouveaux projets pour garder leur place, l’appel s’ouvre aussi aux nouveaux entrants. Leurs éditeurs peuvent présenter un nouveau dossier, mais leur renouvellement n’est pas automatique. L’Arcom attribuera les fréquences en fonction de l’intérêt des projets pour le public.

Une durée raccourcie pour faciliter l’évolution

Un élément distingue cette nouvelle attribution des précédentes : la durée des autorisations délivrées. Les autorisations délivrées dans le cadre de cet appel auront une échéance alignée sur celle des autorisations nationales délivrées l’an dernier, soit 2035. Cette réduction volontaire de deux années par rapport aux licences habituelles répond à une logique stratégique.

L’Arcom veut ainsi pouvoir faire évoluer plus facilement l’offre de la TNT le moment venu. Un enjeu de taille alors que la télévision hertzienne continue de naviguer entre les usages traditionnels et la montée en puissance des plateformes numériques. Les six chaînes concernées ont toutefois relativement bien résisté en 2025, avec 234 millions d’euros de revenus cumulés, en baisse de seulement 1 %, contre un recul de 8 % du marché publicitaire télévisuel.

Cette redistribution intervient dans un contexte où les questions de viabilité économique et de diversité éditoriale occupent une place centrale dans les débats sur l’avenir du paysage audiovisuel français.