Alors que le festival de la fiction de La Rochelle s’apprête à accueillir les grands acteurs du secteur, les patrons de l’audiovisuel français poussent un cri d’alarme. Face aux nouvelles économies imposées à France Télévisions et aux restrictions publicitaires sur YouTube, ils ont dénoncé vendredi l’« apathie incompréhensible » des pouvoirs publics, s’inquiétant pour leurs capacités de création.
Une pression budgétaire qui s’intensifie
France Télévisions devra économiser 90 millions d’euros en 2027, selon sa présidente Delphine Ernotte Cunci. Ces compressions budgétaires successives menacent directement la production de contenu français, un enjeu central pour un secteur déjà fragilisé par des années de réductions.
La présidente de l’audiovisuel public n’a pas mâché ses mots. Elle a demandé si les plateformes étrangères de streaming comme Netflix ou Disney+, qui « sont en train de prendre le lead sur les investissements », n’auraient pas un impact sur ce qu’on pense. Cette interrogation résume l’anxiété d’un secteur qui craint de perdre sa capacité à façonner l’offre culturelle nationale.
Le régulateur demande une contribution des géants du web
Face à ce désengagement apparent de l’État, le président de l’Arcom, Martin Ajdari, a appelé à mettre YouTube à contribution pour financer la création. Une demande qui reflète la conviction des acteurs audiovisuels : les géants américains du numérique qui captent une part croissante de la publicité publicitaire française doivent participer au financement de la création locale.
Cette posture d’exigence n’est pas nouvelle, mais elle prend une résonance particulière alors que les réductions budgétaires s’accumulent. L’audiovisuel public français, autrefois pilier incontournable de la création nationale, voit son influence s’éroder face à la puissance financière des plateformes étrangères. Les patrons du secteur demandent à l’État de choisir son camp : celui de la création française ou celui du laissez-faire face aux géants américains.
Cette controverse intervient dans un contexte plus large où France Télévisions, Radio France et les autres acteurs publics se battent pour maintenir leur pertinence face à une concurrence mondiale accrue. Sans un redressement budgétaire significatif et un cadre régulateur plus exigeant envers les plateformes numériques, le secteur craint que la prochaine décennie ne soit celle du déclin programmé de la création audiovisuelle française.