PLF 2027 : l’Assemblée nationale annule les coupes budgétaires de l’audiovisuel public

Politique

Une mobilisation inédite pour sauver les finances de l’audiovisuel public

Les commissions budgétaires de l’Assemblée nationale refusent de courber l’échine. Les commissions ont adopté plusieurs amendements au projet de loi de finances pour 2027 visant à effacer la baisse des crédits de l’audiovisuel public, en particulier celle de France Télévisions. Un revirement spectaculaire qui contraste avec les politiques d’austérité qui étreignent depuis des années les sociétés publiques d’audiovisuel.

Le dossier devient une bataille rangée au sein de l’hémicycle. Le PLF 2027 prévoit 3,817 milliards d’euros pour les six sociétés de l’audiovisuel public, contre 3,848 milliards en loi de finances initiale pour 2026. Une nouvelle saignée que les rapporteurs spécialisés refusent d’accepter.

Des chiffres qui sonnent comme un cri d’alarme

Le rapporteur spécial Denis Masséglia, de la majorité parlementaire, a esquissé les contours d’une riposte. L’amendement rétablit les crédits au niveau de 2026 : +43,8 millions pour France Télévisions, +2,4 millions pour Radio France et +0,5 million pour l’INA. De quoi reprendre haleine, mais guère plus. Cette enveloppe supplémentaire ne suffira que si elle devient loi au mois de novembre.

La situation se crispe davantage quand on observe l’horizon budgétaire. Le document budgétaire prévoit déjà de nouvelles baisses en 2028 et 2029, à 2,179 milliards pour France Télévisions et 590,6 millions pour Radio France en 2029. Autrement dit, le gouvernement trace une pente descendante qui ravine les structures depuis plusieurs années, et cette petite victoire parlementaire ressemble davantage à un sursis qu’à une solution.

Deux visions de l’audiovisuel public en choc

L’affrontement révèle une fracture politique profonde. Les propositions de coupes massives ont été rejetées. Certains élus, notamment du Rassemblement national, avaient carrément plaidé pour la privatisation des chaînes publiques, une option que la majorité a écartée. Mais derrière cet accord de façade persiste un doute : l’État veut-il réellement sauver son audiovisuel public, ou s’agit-il d’ajustements cosmétiques avant d’autres compressions ?

L’Assemblée garde le calendrier en tête. La mission « Médias, livre et industries culturelles » et le compte « Avances à l’audiovisuel public » seront examinés en séance le mardi 3 novembre. Les jeux ne sont pas faits, et chaque votation comptera.

Pour les salariés des chaînes, comme pour les téléspectateurs attachés au service public, c’est un test de crédibilité. Les amendements votés en commission survivront-ils à l’hémicycle ? La réponse déterminera si l’audiovisuel public français peut enfin respirer, ou s’il continuer son lent asphyxiement budgétaire.